Le jour où je suis devenue maman

Mon accouchement,

La rencontre qui a chamboulé ma vie ..
C’était un vendredi, un jour d’été, le dernier jour du mois d’août.
Plus de deux mois déjà mais je m’en souviens comme ci c’était hier !
Mon terme était prévu le 10 septembre, dans ma tête je pensais que ma fille allait jouer les prolongations et qu’on l’attendrait mais elle a décidé d’arriver 11 jours avant.

Ce 31 août qui a changé ma vie, je vous le raconte à cœur ouvert sans filtre.

Je suis quelqu’un d’organisée, qui a besoin d’avoir le contrôle un peu sur tout, qui aime cocher les choses faites sur ma to do list que je fais quasiment tous les jours autrement j’oublie la moitié des choses.
Vous devez vous dire mais pourquoi elle parle de ça .. vous comprendrez par la suite !
Avant que ma fille arrive, j’avais prévu de faire ça, ça et ça.. je voulais impérativement le faire avant qu’elle soit là car je savais pertinemment que le temps me manquerait par la suite.
Je voulais notamment vous poster l’article sur sa petite chambre, j’y tenais car j’en avait très envie mais aussi parce que vous étiez nombreuses à me l’avoir demandé. Cet article a été posté à 21h30 le jeudi, la veille de la naissance de ma fille ..
Vous voyez toujours pas où je veux en venir, c’est normal .. la suite arrive !

Beaucoup préconisent de préparer la valise de naissance de son enfant un mois à l’avance. De mon côté je m’y suis mise la dernière semaine d’août, soit à peine 15 jours avant la date présumée du terme.
Psychologiquement je n’y arrivais pas, je n’étais pas prête car j’avais mille choses à faire avant qu’elle arrive et je voulais être entièrement disponible pour elle le jour où elle serait là. J’ai donc préparé sa valise de naissance avec la mienne le lundi, j’accouchais le vendredi.
Ce lundi 27 août, j’étais donc prête, elle pouvait arriver, je l’accueillerais l’esprit libre.
Je lui parlais et lui disais qu’on l’attendait pour la fin de la semaine.
La fin de la semaine.. mes parents partis en Espagne une semaine pour nous laisser tranquille, rentraient ce jour là ..
Ma maman m’avait dit qu’elle serait déçue de ne pas avoir pu être là à la maternité et les jours suivants la naissance de notre fille. Mes parents habitent en Bretagne à plus de 800km..
J’avais bien assimilé tout ça et moi aussi j’aurais vraiment été déçue que mes parents ne soient pas là pour cette grande étape de ma vie.
Je pense que vous voyez où je veux en venir maintenant…

Le travail a débuté le jeudi soir le 30 août, juste après avoir posté l’article de la chambre de ma fille sur mon blog ..

A 21h, je ressents des contractions plus ou moins douloureuses.. je prends un antalgique, la douleur est toujours présente une heure et demie après. Mon homme me préconise de prendre un bain tiède, chose que je fais à 23h avec toujours autant de contractions douloureuses mais pas régulières et pas de mêmes intensités.
Je réalise en allant dans le bain que je suis en train de perdre le bouchon muqueux. Pas de doute, le travail débute. Pas de stress, vraiment je reste zen car tout est prêt, ma tête et tout le reste ! L’accouchement ne me fait pas peur.
J’ai l’esprit libre, on est prêt à l’accueillir mais je ne réalise pas que la rencontre serait si proche.
A minuit je me couche, mon homme crevé dort déjà…
Je lui pique sa montre qui s’allume à la force d’un bouton et la garde dans ma main pour regarder si mes contractions sont régulières.
00h30, j’ai des contractions toutes les 7 mins/8 mins, parfois 5 mins .. toujours douloureuses limites insupportables .. elles sont uniquement dans le dos !
Je vois les minutes, les heures passer .. les contractions douloureuses me sortent de mon furtif sommeil.
Consigne de ma sage femme, aller à la maternité lorsque les contractions sont douloureuses voire insupportables pendant plus de 2h et toutes les 5 minutes.
2h du matin je réveille mon mec, je n’en peux plus j’ai trop mal mais je sais que mes contractions sont irrégulières. On se tâte à y aller car je sais que c’est trop tôt mais j’ai beaucoup trop mal.
Ni une ni deux, je mets ma trousse de toilette dans ma valise, on s’habille et on file à la maternité.

20 minutes de voiture plus tard nous voilà aux urgences maternité. On m’installe tout de suite pour m’examiner, j’attendais ce moment là depuis des heures je voulais savoir si mon col était bien ouvert vu la douleur que je ressentais. Mon col était ouvert à 1 depuis 15 jours déjà.
Verdict, col ouvert à 1 toujours mais différemment des 15 jours avant et tête très basse, par contre le dos de bébé est collé à ma colonne vertébrale, ce qui explique les contractions douloureuses que je ressens dans le dos et dans les reins.
Vous n’imaginez même pas ma déception, je lui réponds que je suis une « chochotte » parce que je ne m’étais pas imaginé tant de douleur avec un col dilaté à 1.

A ce moment là, j’ai le choix entre rester en salle d’accouchement faire du ballon mais elle m’avertie que le travail risque d’être long, ou alors rentrer chez moi faire du ballon pour faire bouger le col et me reposer. Je n’ai pas hésité, on est rentré à la maison 1h après être parti avec du doliprane et du spasfon (qui n’ont eu aucun effet sur moi comme auparavant). Nous voilà à 4h du mat dans le salon, mon homme me masse le dos tandis que je suis sur le ballon essayant de me détendre et de faire maturer le col malgré les contractions. J’ai un très bon souvenir de ce moment, ça m’a fait beaucoup de bien d’être massée sur les zones douloureuses.

Une demi heure plus tard on retourne se coucher en espérant dormir un peu. Mon homme s’endort en un rien de temps, pour moi le sommeil est difficile à atteindre .. les contractions sont toujours présentes. On se réveille vers 8h, j’ai réussi à dormir un peu, je pense que je me suis habituée à la douleur.

Dans la matinée ma mère m’envoie un message en me demandant comment s’est passée la nuit, je lui réponds comme ci de rien n’était, un peu de contractions mais ça va. (Elle ne voulait pas savoir quand je serais en travail).

A 11h30 j’ai un monito de contrôle à 5 mins de la maison à passer prévu depuis plus de dix jours, il tombe donc à pic. Arrivée à l’hôpital, la sage femme me met le monito pendant plus de 30 minutes et voit que mes contractions sont plutôt régulières et douloureuses, elle me dit que je les gère super bien, elle est même impressionnée et fait durer le monito  quinze minutes de plus.. je souffle longuement sur chaques contractions que j’essaye d’accueillir comme je peux. Pendant ce temps elle nous explique le déroulement de la suite. Puis vient le moment que j’attendais tant, l’examen du col .. à t’il bougé depuis cette nuit ? J’ai toujours autant de contractions que dans la nuit. Elle me dit votre col est dilaté à 3.. joie bonheur, je me mets à pleurer .. et elle rajoute vous allez rencontrer votre petite fille aujourd’hui ou demain .. double pleurs .. Elle me dit vous pouvez aller à la maternité dès maintenant demander la péridurale (quoi déjà ??) Mais ça va pour le moment je supporte la douleur (allez comprendre .. je ne la supportais pas à 1 mais à 3 ça va).

On file donc à la maison toujours sans stress, manger une salade sur ses recommandations (manger léger au cas où), elle m’a également recommandé d’aller me baigner pour soulager mon dos et les contractions mais je n’ai pas pris le temps de le faire. Entre temps j’appelle mes parents, impossible de ne pas leur dire, de toute façon ils débarquent à la maison dans l’après midi, donc je les avertis que c’est pour aujourd’hui ou demain. On mange donc rapidement car à 13h30 j’ai un rendez vous prévu pour mon boulot, à 7 minutes de l’hôpital ^^.

À 13h, on quitte donc la maison à 2 en sachant que cette fois ci nous allons revenir à 3.

Rendez vous passé, je dis à mon mec que j’arrive à gérer les contractions et qu’on peut encore attendre avant d’y aller. On passe donc voir ses grands parents mais là au moment de sortir de la voiture, une énorme contraction surgit .. elle dure, dure, dure..  puis une deuxième, puis une troisiéme, bref une visite éclair, nous voilà en route pour l’hôpital.

Voiture garée, dernière photo prise devant l’hôpital avec mon gros bidon et me voilà installée, branchée prête à vivre le plus beau marathon de ma vie.

A 15h, vient l’auscultation, mon col est toujours dilaté à 3, ça n’a pas beaucoup bougé depuis ce matin mais les contractions s’intensifient. L’infirmière me demande si je souhaite avoir la péridurale maintenant, j’attends un peu car c’est encore supportable. Je souffle sur toutes les contractions que j’ai.. mon mec suit tout sur le monito et m’aide à me soulager. ( En y repensant.. je sais que c’était ultra douloureux mais j’ai quasiment oublié la douleur que j’ai ressenti ce jour là).

A 16h, mon col est dilaté à 4, on me perfuse et me pose la péridurale. J’ai souhaité avoir la péridurale d’une part pour ne pas ressentir la douleur (logique) et également pour ne pas être désagréable avec le personnel médical et mon mec. Lui qui est mon pilier et qui est impuissant face à ma douleur, lui aussi vit l’accouchement, différemment mais il le vit aussi. Je ne voulais absolument pas subir ce moment et le faire subir à ma moitié, je voulais être soulagée, apaisée et surtout en forme pour pouvoir pousser. Je voulais qu’on vive ce moment dans la joie. La péridurale a plutôt bien fonctionné, je ne la voulait pas trop dosée pour pouvoir sentir les contractions au moment de la poussée, elle m’a beaucoup soulagé, je ressentais une douleur infime dans ma jambe droite, l’anesthésie avait fait moins d’effet dans cette jambe là.  Par contre, j’ai commencé à me gratter sur tout le corps, c’était désagréable.. c’était les effets secondaires de la péri.

A 19h, mon col est dilaté à 5, la sage femme me demande si elle peut percer la poche des eaux pour faire accélérer le processus, forcément j’étais tellement pressée de la rencontrer que j’ai acceptée (avec du recul, je me dis que j’aurais du laisser la nature faire son petit bout de chemin). Comme bébé n’est pas dans la bonne position pour la sortie (sa colonne vertébrale est toujours collée à mon dos), la sage femme me préconise de me mettre à 4 pattes sur le lit afin que bébé se retourne sur les contractions, je lui ai aussi beaucoup parlé en lui disant que c’était mieux pour elle qu’elle se retourne (conseil de ma sage femme).

Changement d’équipe, je rencontre donc Alice, une jeune sage-femme qui va mettre ma fille au monde.

En effet, une fois la poche des eaux rompue ça a fait accélérer les choses, à 20h30 mon col est dilaté à 9. Mon homme entre temps se fait livrer des sushis avec une petite bière, normal ^^ je grignote un mini bout car on ne sait jamais si par la suite l’accouchement se compliquerait. On déconne avec la sage-femme, le feeling passe super bien.

A 22h, elle s’est enfin retournée, mon col est complètement dilaté, la sage femme me demande si je suis prête à pousser, on fait un essai de poussée mais je n’ai que de très faibles contractions donc on attend mais la rencontre est proche. On se demande encore à ce moment là si elle sera du mois d’août ou du mois de septembre. Je me gratte toujours autant..

La sage femme revient dans 30 minutes, théoriquement. 22H45 toujours personne, trop impatients on se dit si à 23h toujours personne, on l’appellera… à 22H57 la sage femme arrive seule, prépare son matériel. Quelques minutes plus tard deux auxiliaires puéricutrice surgissent, je suis enfin prête à mettre mon bébé au monde. Je pousse, je fais une pause, mon homme, la sage femme et une auxiliaire m’encouragent au taquet, le rythme est intense, je pousse de nouveau, à peine le temps de reprendre mon souffle, elle nous dit « je vois la tête », je mets toute mon énergie pour les deux dernières poussées et je l’attrape, je mets ma fille contre moi. J’ai poussé 3 fois sur 3 contractions et ma fille est arrivée parmi nous à 23h12. J’entends un tout petit cri et elle se blottit toute apaisée contre moi pendant de longues minutes. Mon homme coupe le cordon.

L’équipe médicale nous félicite et s’étonne de la rapidité et la facilité de mon accouchement, moi même je n’en reviens pas et mon homme non plus. Lui qui ne savait pas comment il allait réagir (la vue du sang, etc..), il m’a soutenue et énormément encouragée pendant le temps de la poussée et également pour tout le reste, ça a été mon pilier. Si je pouvais revivre ce moment demain je le revivrais sans aucunes hésitations, mon homme aussi d’ailleurs. Par la suite, la sage femme nous a demandé si on voulait voir comment était le placenta.. et la voilà en train de nous montrer mon placenta, d’où est nourrit le bébé etc…

Du moment où on est entré en salle d’accouchement et au moment où on l’a quitté, on a passé des moments incroyables, le travail a été rapide, on ne s’est pas ennuyés du tout. J’avais prévu un livre, j’en ai lu que quelques pages, mon homme avait prévu des mots fléchés et des pièces de monnaie pour les cafés, ce qui nous a fait patienter sans ruminer et sans stress.

J’ai mis au monde ma fille comme je le souhaitais, par voie basse, sans aide matérielle et sans déchirure ni épisiotomie. Par contre je n’ai pas échappé à un oedème du périnée.

Un accouchement plein d’émotion, un moment magique, pur, unique, indescriptible, paisible, doux et plein d’amour.

Le jour où je suis devenue maman.

Le 31 août 2018, une belle journée d’été, Brune est née. Ma fille, ma vie.

Hello, je suis Chloé j'ai 28 ans, bretonne vivant au Pays Basque. Maman passionnée de photographie, de voyage, de DIY et de food. J'aime partager mon aventure de maman ainsi que les petits plaisirs de la vie qui me rendent heureuse.
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8 commentaires pour “Le jour où je suis devenue maman

  1. Ton article est simplement magnifique, très touchant.
    J’espère passer un accouchement comme le tien.
    Prends soin de toi et de ta famille.
    Des bisous.

  2. Un article beau , touchant et on sent toute la sincérité et l’amour autour de votre couple et de votre famille ! Que ce bonheur dur , perdure encore et encore !

  3. Hello Chloé !

    Et bien, j’espère vivre à mon tour cette expérience de la même manière que toi ! Profite bien de ta petite famille !

    Annaelle (la sœur de coco ;))

    PS : Tu vas pouvoir mettre à jour ta présentation sur ton blog ! Tu n’es plus une future maman mais une heureuse maman ! 🙂

  4. Superbe article Chloé! Très émouvant. Mon bébé donnait me plein de coups de pieds pendant que je lisais 🙂 ça me donne encore plus hâte de le/la rencontrer! Prenez soin de vous, Vanessa xxx

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