G.E.U

3 lettres qui ne me quittent pas depuis une semaine maintenant.

Parce que la vraie vie c’est ça, c’est pas toujours rose, ça a le mérite d’être raconté car ça n’arrive pas qu’aux autres. Il y a trop peu de témoignages à ce sujet et pourtant je sais qu’on est bon nombre dans la même situation malheureusement.

La douleur, la consultation, les urgences, le diagnostic !

Toujours cette douleur du côté droit dans le bas ventre qui irradie et qui ne me quitte pas depuis de longues heures maintenant. Ces douleurs ont débuté en milieu de matinée, sans que je comprenne ce qui m’arrive.

Je fais une sieste en me disant que ça va passer .. mais la douleur est toujours présente. Je regarde sur internet, en fonction des symptômes que j’ai, forcement on s’y retrouve dans certains trucs mais sans vraiment savoir ce qu’il en est.

J’appelle donc le 15 pour avoir un médecin conseil qui me conseille donc d’appeler SOS médecin. Je réussi à avoir le dernier rendez-vous de la journée chez un médecin traitant qui me dirige vers les urgences car il me faut une échographie.

19H30 : Arrivée aux urgences, un externe m’accueille, me questionne, m’ausculte. Un test urinaire fait et je me tords en 4, mais put*** qu’est ce qui m’arrive. Bandelette urinaire et test de grossesse faits dans la foulée, un début de diagnostic tombe, le test de grossesse est positif (à ce moment là je ne pense plus à rien, je sais au fond de moi que je fais une Grossesse Extra Utérine) mais je garde quand même espoir que ce bébé aille bien, même si nous ne l’avions pas envisagé si rapidement.

Ils me font un bilan sanguin en suivant car ils veulent exclure cette fameuse GEU. Une Grossesse Extra Utérine est provoquée par l’implantation et le développement de l’oeuf en dehors de l’utérus, dans la majorité des cas l’oeuf se loge dans la trompe de fallope.

Milles questions m’habitent même si à ce stade je n’ai toujours pas eu le diagnostic. Comment est ce possible sous contraceptif ? Mon stérilet a peut-être bougé ? Personne ne veut s’avancer tant que je n’ai pas eu l’échographie. J’attends mon échographie avec impatience, sans elle il n’y a pas de diagnostic de posé, un kyste de l’ovaire, une torsion de l’ovaire, mon stérilet mal placé, une GEU ou une grossesse normale .. mais une chose est sûre la douleur, elle, n’est pas normale. C’est le seul symptôme que j’ai, je ne saigne pas, j’ai juste une douleur intense très localisée.

Je ne veux rien prendre pour calmer la douleur avant l’échographie de peur que ça fausse le diagnostic, je suis têtue mais la douleur est supportable même si très douloureuse et au fond de moi je sais que du paracétamol ne me calmera pas. Je peine à me déplacer et à trouver une position confortable. Mais dans tout ça je reste positive, pas une larme. Je pense à ma fille et à ma famille qui sont en bonne santé et il n’y a que ça qui compte pour moi, le reste c’est « secondaire ». Je suis prise en charge dans tout les cas et tout va bien se passer.

J’attends, j’attends de longues minutes peut être heures l’échographie. PATIENT, tout prend son sens dans ces moments là. D’habitude c’est moi de l’autre côté mais là c’est bien moi dans le lit d’hôpital. Je n’ai pas encore eu mon écho car l’interne est au bloc pour une césarienne d’urgence, la douleur est de plus en plus intense.

Voyant que la douleur s’intensifit l’infirmière me pose une perf avec un antalgique qui fait aucun effet. L’interne arrive enfin, elle galère à voir quelque chose tellement je suis douloureuse. Elle met quand même un diagnostic à tout ça avec réserve, GEU. Je suis obnubilée par mon stérilet qui contrairement à ce que je pensais n’a pas bougé, car c’est ça l’origine du probléme. Elle préfère que le chirurgien vérifie son diagnostic. Le chirurgien doit être sûr et me refait une échographie. Ils attendent aussi mon taux de beta HCG pour la conduite à tenir même s’ils sont sûrs devant la douleur que je dois passer au bloc. En 5 minutes il m’explique la suite, la chirurgie, il m’explique que je peux perdre ma trompe mais aussi qu’elle peut être préservée et il m’explique les risques de l’opération. On m’installe dans une chambre, rendez vous anesthésiste fait, je pars au bloc en suivant théoriquement. Mon homme est là, toujours, il me rassure même s’il est très inquiet, je lui dis de rentrer, il sera mieux avec notre fille. Une nouvelle césarienne arrive entre temps ce qui retarde mon passage au bloc, à 23h10 je suis enfin installée sur la table, 6 personnes autour de moi, je grelotte de froid avec la douleur, il me mette une couverture chauffante. On attend de nouveau car la césarienne d’urgence est en route, je vois les minutes passer, 20 minutes plus tard.. tout le monde a le feu vert pour m’endormir. 23h30 .. l’équipe médicale fait son boulot.

Je me réveille en salle de réveil vers 01h30 complètement dans le gaz, la douleur a disparu. Une infirmière vient m’annoncer que tout s’est bien passé et qu’il a réussi a préserver ma trompe. Soulagement total.

Vers 2h30 je suis dans ma chambre, sondée, perfusée des deux cotés, mes cicatrices tirent mais j’ai mes deux trompes.

Au petit matin, le chirurgien vient m’expliquer ce qu’il a fait, il m’explique que les douleurs étaient dues à un début d’hémorragie et qu’il y avait beaucoup de caillots qui irritaient mon péritoine, il m’explique que ma trompe était enflée mais qu’elle a pu être préservée et que c’est plutôt rare. Il m’explique aussi qu’il faudra que je sois suivie de près pour une prochaine grossesse, car il y a un risque de GEU plus important quand on en a déjà fait une. Il m’explique l’après, le repos, le suivi, les prises de sang, l’impossibilité de porter une charge lourde pendant un mois, etc … Il a pris le temps, il a été professionnel, ils ont tous été hyper pro, tout a été fait dans l’urgence mais je n’ai pas ressenti de stress. Je l’ai vécu plutôt apaisé, je me sens chanceuse et reste positive pour la suite. Je remercie le corps médical pour leur professionnalisme, ça mérite d’être souligné, pendant ces quelques heures, j’ai pu voir beaucoup d’humanité.

Moi qui pensais être épargnée par ces trois lettres, GEU, ça m’est arrivé, ça arrive à nombreuses d’entre nous. Je voulais partager ça avec vous, car c’est encore très méconnu et pourtant ça arrive fréquemment. Je souhaite bon courage à celles qui vivent ça et qui vivront ça. Car quand on a un enfant et qu’on envisage pas tout de suite un second enfant, on le vit différent mais quand on attend ce bonheur depuis tant de temps c’est pas dans la même « ambiance » qu’on accueille cette nouvelle.

Une grossesse extra utérine, ça n’arrive pas qu’aux autres.

De cette étape de la vie, j’en retiens des leçons.

  • Ecouter son corps car c’est lui qui donne la sonnette d’alarme.
  • Vivre au jour le jour car on ne sait pas de quoi demain est fait (carpediem depuis toujours mais encore plus maintenant).
  • Notre santé est une richesse incroyable.
Hello, je suis Chloé j'ai 28 ans, bretonne vivant au Pays Basque. Maman passionnée de photographie, de voyage, de DIY et de food. J'aime partager mon aventure de maman ainsi que les petits plaisirs de la vie qui me rendent heureuse.
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2 commentaires pour “G.E.U

  1. J ai vécu une geu en 2013 sous pilule ne comprenant pas ce qu’il m’arrivait et étant un peu trop une dure à cuire j ai continuer de bossé et consulté bien trop tard les urgences résultat j ai perdu une trompe et ça aurait être plus grave pour moi
    C’est ne n’est pas pour faire peur mais c’est important d en parler tu as raison car on minimise souvent trop ses douleurs

    1. je suis tout à fait d’accord avec toi, j’ai attendu aussi trop longtemps mais j’ai eu de la chance que ma trompe soit préservée. Merci de m’avoir lu. a bientôt

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